Site des moniales dominicaines,
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Mais qu'est donc que la joie ? La joie profonde ?

Pour pasticher Raymond Devos, :
«  Dieu ce que j'oie est triste..  ».

Qu'est-ce que j'entends ? Une joie triste ? Cela parait curieux. La joie, elle, elle existe. Une joie en elle-même n'est pas triste et pourtant on dit : ‘pleurer de joie' !

Oui, la joie, elle est là, je l'ai rencontrée sur mon chemin, cette joie c'était le Seigneur ; il était sur mon chemin, nous marchions ensemble. Et alors : quelle joie ! C'est cette joie qui m'a relevée, renouvelée. Mon cœur était tout brûlant, pénétré de cet Amour. Alors pour vivre toujours avec cet immense bonheur, j'ai enfermé au plus profond de moi cette joie, je l'ai retenue captive de peur qu'elle ne s'échappe. Mais, un jour, Dieu s'est absenté et ma joie est devenue une plainte douloureuse. Le tombeau était vide. «  Dieu ce que j'oie est triste »  ! Je n'entends plus rien, que le vide, le froid de la pierre du tombeau. Mon cœur est vide. Je suis restée à pleurer devant le tombeau vide. « Oh, si je savais comment l'atteindre, parvenir jusqu'à sa demeure ; si je pouvais le tenir et ne plus le perdre » (Ct 5,6).

Et puis … J'ai vu le Seigneur, il m'a appelée par mon nom. Il m'a réveillée de ma torpeur, de mes idées auxquelles j'étais accrochée, de mes fardeaux trop lourds, de tout ce qui m'avait fait tourner le dos à la Vie. Sur le chemin de ma solitude, sur le chemin du silence et de la peur , c'est la joie des retrouvailles. Dieu se fait à jamais compagnon de tous les instants et sa victoire sur toutes mes morts me fait vibrer : « Pourquoi cherches-tu parmi les morts celui qui est vivant ? »

Joie ! Christ est ressuscité ! Alleluia.